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Irons-nous visiter les étoiles ?

mardi 13 juin 2006, par Norman Molhant

Ce texte est paru en 1997 dans la revue Galaxies, numéros 3 et 4, et est à présent disponible pour le plus grand plaisir des lecteurs de Schismatrice.

Attention toutefois, les idées exprimées dans ce texte, basées sur un vol subluminique de longue durée, sont en parties dépassées par l’évolution récente des théories physiques : dans un espace à 10 dimensions, comme l’espace de Kaluza, l’hypersurface correspondant à notre perception d’un univers à 3 dimensions plus le temps est plissée de façon variable, de sorte qu’il y a moyen de passer d’un point à un autre de notre hypersurface sans rester tout le temps dans la même hypersurface, donc sans suivre les plis de celle-ci, ce qui donne dans certaines conditions un trajet beaucoup plus court ; de plus, si cet espace à 10 dimensions n’est pas unique mais est un membre d’une variété, les autres membres de cette variété pourraient différer entre eux par la vitesse d’écoulement du temps [c’est équivalent à dire : par la vitesse de la lumière], alors il suffirait de choisir un membre de la variété où le temps s’écoule à une vitesse suffisamment différente de la nôtre pour pouvoir faire le trajet en un temps beaucoup plus court). Bien sûr, ce n’est pas encore de la physique expérimentale, mais ce sont des théories physiques que l’on étudie de plus en plus sérieusement depuis quelques années.

SOMMAIRE

Introduction

Et tout d’abord, qu’est-ce vraiment qu’un voyage interstellaire ?

Et c’est grand comment, un vaisseau-génération ?

Comment peut-on construire un vaisseau aussi énorme ?

Est-ce qu’un tel vaisseau pourra vraiment fonctionner si longtemps ?

Quels sont les problèmes dus à un trajet aussi long ?

Comment financer l’envoi d’une telle expédition de colonisation ?

Y a-t-il moyen de réduire l’ampleur et le coût de notre projet ?

Premiers pas sur le chemin des étoiles.

Bibliographie.


Laissons de côté pour quelques
pages les solutions magiques si chères aux auteurs (et aux lecteurs) de
science-fiction : subespace style='mso-bookmark:intro'>, superespace, trous de
ver, téléportation et autres moyens imaginaires de
dépasser la vitesse de la lumière, pour nous poser cette question d’un point de
vue réaliste : irons-nous vraiment un jour visiter les étoiles ?

Pas question non
plus d’utiliser l’hibernation, l’animation suspendue ni aucun autre truc du
genre, vu que ces procédés hypothétiques ne sont pas encore plausibles d’un
point de vue purement scientifique : la cryogénie produit des cadavres dont les
cellules sont déchiquetées par les glaçons qui s’y sont formés, l’hypothermie
ne fonctionne que pour de très courtes durées après quoi les neurones sont
irrémédiablement endommagés, la "stase" ou suspension locale de
l’écoulement du temps n’a aucun fondement scientifique.

Bref,
demandons-nous sérieusement s’il y a moyen d’aller visiter les étoiles moins
vite que la lumière et sans faire appel à d’hypothétiques connaissances
scientifiques que nous n’avons pas. Ne pas postuler de connaissances
scientifiques encore à découvrir ne veut pas dire pas dire refuser tout progrès
technologique ! Loin de là : les technologies spatiales en sont encore à leurs
premiers balbutiements et il est permis de postuler le développement de
nouvelles technologies basées sur nos connaissances scientifiques actuelles.

Mais avant
d’aller plus loin, ne doit-on pas se demander si la question est pertinente ?
Après tout, les humains ont toujours été des explorateurs, et l’espace est là
qui n’attend que d’être exploré, non ? Puisque nous avons exploré notre planète,
n’est il pas évident que nous allons explorer d’abord notre système solaire,
ensuite les étoiles dans le voisinage, enfin toute ProductID="la Galaxie" w:st="on">la Galaxie ?

Si la réponse
était si évidente, nous ne serions pas encore en train de nous demander s’il y
a d’autres êtres intelligents dans w:st="on">la Galaxie, notre Terre aurait sans doute été colonisée depuis fort
longtemps par l’une ou l’autre race d’extraterrestres. C’est le physicien
Enrico Fermi qui a le premier soulevé cette objection, il y a quelques décennies :
la Galaxie a un diamètre
d’environ 100 000 années-lumière, nos connaissances scientifiques nous
permettent d’envisager la construction de vaisseaux spatiaux capables de se
déplacer d’une étoile à l’autre à des vitesses d’au moins 0,1% de la vitesse
de la lumière (soit une année-lumière par millénaire), donc une race d’ET
ayant nos connaissances scientifiques et notre esprit de conquête et d’expansion
pourra envahir toute ProductID="la Galaxie" w:st="on">la Galaxie en quelques centaines de millions
d’années (les ET originaux lancent deux vaisseaux spatiaux qui atteignent
quelques milliers d’années plus tard chacun une étoile proche dotée de planètes
utilisables, chaque équipage s’installe dans le système solaire qu’il a atteint
et quelques milliers d’années plus tard lance à son tour deux vaisseaux spatiaux
qui, eux-mêmes, etc. En 100 à 200 millions d’années toutes les planètes habitables
de ProductID="la Galaxie" w:st="on">la Galaxie sont conquises, y compris la
Terre.), or la Galaxie existe
depuis plus de 10 milliards d’années (notre système solaire a environ 4,5
milliards d’années), donc les ET ont déjà eu largement le temps d’arriver
jusqu’ici, alors où sont-ils ? Comment se fait-il qu’ils ne soient pas déjà
ici ? Y a-t-il une raison technologique, scientifique ou autre qui explique
pourquoi aucune race d’extraterrestres n’a colonisé notre système solaire ?
Existe-t-il un empêchement fondamental aux voyages interstellaires ?

Et tout d’abord, qu’est-ce vraiment qu’un voyage interstellaire ?

Parmi toutes les
étoiles proches de nous, les plus susceptibles d’avoir une planète habitable
sont probablement celles qui ressemblent le plus au soleil, c’est-à-dire celles
qui ont à peu près la masse et la luminosité de notre étoile à nous ou sont un
peu plus petites.

Étoile

distance

type

luminosité

Alpha
Centauri

4,4
années-lumière

G2V

145%
du soleil

possède
un compagnon plus petit (Beta)

 

K0V

44%
du soleil

Epsilon
Eridani

10,7
années-lumière

K2V

28%
du soleil

Epsilon
Indi

11,3
années-lumière

K5Ve

13%
du soleil

Tau
Ceti

11,4
années-lumière

G8Vp

40%
du soleil

On voit que dans un
rayon de 12 années-lumière il n’y a que 5 destinations plausibles dont 3
situées à plus de 10 années-lumière de distance, alors que le soleil n’est
situé ni dans une zone très dense, ni dans une zone très pauvre de ProductID="la Galaxie. On" w:st="on">la Galaxie. On pourra donc estimer qu’un
vol d’un système stellaire habité au prochain système stellaire utilisable
devra franchir environ 10 années-lumière en moyenne.

La vitesse de ProductID="la Terre" w:st="on">la Terre le long de son orbite autour du soleil
est d’environ 30 km/s et les engins d’exploration que nous envoyons vers les
autres planètes ont des vitesses comparables. 30 km/s, c’est un dix-millième
de la vitesse de la lumière, soit 0,01% de c. Les moteurs à énergie chimique
que nous utilisons pour nos fusées ne nous permettront pas d’améliorer beaucoup
cette vitesse, mais il est clair que nous pourrions développer la technologie
des moteurs ioniques à énergie nucléaire, moteurs qui devraient permettre
des vitesses près de cent fois supérieures.

Vitesse
moyenne

durée
du trajet de 10 années-lumière

30
km/s ou 0,01 % de c

100 000
ans

300
km/s ou 0,1 % de c

10 000
ans

3 000
km/s ou 1 % de c

1 000
ans

La durée du vol est
dans tous les cas extrêmement longue, ce qui exige que le vaisseau spatial
fournisse à ses occupants un environnement dans lequel ils pourront vivre
durant un bon nombre de générations, c’est-à-dire un environnement assez
semblable à celui qui règne sur Terre : gravité artificielle (obtenue par la
force centrifuge, en faisant tourner le vaisseau sur lui-même) ; grande
superficie divisée en zones urbaines, agricoles, industrielles et récréatives ;
institutions culturelles, scientifiques, techniques, administratives et
d’enseignement ; installations de contrôle de l’environnement (air, eau,
température) et de la propulsion (moteurs, stocks de matière propulsive,
sources d’énergie) ; ateliers ou usines de fabrication des pièces de
remplacement ; etc.

Pour maintenir une
diversité génétique suffisante, il faudra emporter dans un tel vaisseau
génération plusieurs milliers d’espèces végétales et animales ; Pour conserver
une variabilité génétique suffisante, il faudra emporter plusieurs centaines à
plusieurs milliers d’individus de chacune de ces espèces. Bref, le
vaisseau-génération devra offrir une superficie interne occupable
de plusieurs centaines sinon plusieurs milliers de kilomètres carrés. Divers
designs ont été envisagés pour ce genre de vaisseau, par exemple une grande
roue divisée en plusieurs niveaux concentriques tournant autour de son axe (axe
où seraient situés les systèmes de propulsion et relié à la roue par des
rayons), ou encore, selon un concept inspiré par les travaux d’ class=SpellE>O’Neil
, un grand cylindre creux comportant lui aussi
plusieurs niveaux concentriques et tournant lui aussi autour de son axe. Ce
genre de vaisseau spatial est construit un peu comme un énorme pont suspendu
dont le tablier serait enroulé en cylindre : chaque niveau est suspendu par des
câbles au niveau immédiatement intérieur, le niveau le plus près du centre étant
suspendu à une sorte de poutre axiale qui fait toute la longueur du vaisseau.

Le nombre
d’occupants et la densité de population fixeront les dimensions du vaisseau.
Avec environ 6 milliards d’humains et une superficie totale émergée de 148
millions de km2, la population actuelle de w:st="on">la Terre (densité d’environ 40 habitants par km2) est en train de détruire
rapidement son environnement, chose qu’on ne peut permettre à bord d’un vaisseau
génération (du moins si on veut le voir arriver un jour à destination). On
réservera un quart de la superficie disponible pour les cours d’eau et les
plans d’eau douce et d’eau salée et on limitera la population à 10 habitants
par km2 de surface émergée. Comme la population du vaisseau doit rester stable
durant de nombreuses génération,
chaque famille aura en moyenne deux enfants, ce qui fixe à quatre personnes la
taille d’une famille normale ; de plus, il faudra plusieurs centaines de
familles pour préserver une variété suffisante dans la population humaine, ce
qui portera cette population à quelques milliers d’individus.

Et c’est grand comment, un vaisseau-génération ?

On lui donnera ProductID="4 km" w:st="on">4 km de diamètre intérieur et ProductID="10 km" w:st="on">10 km de long, soit 125 km2 de surface utilisable
pour le niveau le plus loin de l’axe (lequel est aussi le niveau ayant la
plus forte pesanteur artificielle, disons 1g comme sur Terre, ce qui implique
que le vaisseau tourne sur lui-même à raison d’un tour toutes les 89,7 secondes)
et environ 150 km2 de surface extérieure (en comptant les deux bouts du cylindre).
En donnant à chaque niveau une hauteur de ProductID="200 mètres" w:st="on">200 mètres, le second niveau aura une superficie
de 112,5 km2, le troisième de 100 km2, le quatrième de 87,5 km2 et ainsi de
suite jusqu’au dixième niveau qui n’aura que 12,5 km2 de superficie (et une
pesanteur artificielle de 0,1g), pour une superficie totale de 687,5 km2 (l’équivalent
d’un carré d’un peu plus de ProductID="26 km" w:st="on">26 km de côté) dont 167.5 km2 submergés, supportant
5 200 occupants humains (soit 1 300 familles), environ 10 000
têtes de bétail, 40 000 mammifères divers, 20 000 volailles d’élevage,
80 000 autres oiseaux, quelques centaines de milliers de poissons, quelques
dizaines de milliers de batraciens, autant de reptiles, quelques millions
d’insectes et d’annélides, des milliards de plantes terrestres, d’algues,
de plancton et de champignons, plus un nombre incalculable d’êtres unicellulaires,
ce qui fait plus de 20 000 tonnes de matière vivante à bord.

Il y a aussi environ
1 milliard de tonnes de terre et de roche formant les terres émergées, 1
milliard de tonnes d’eau pour les cours d’eau, lacs d’eau douce et d’eau salée,
plus environ 125 km3 d’air soit à peu près 125 millions de tonnes d’air. La
structure portante équivaut à une couche d’acier (densité 8) et de céramique
(densité 2,6) de 10 mètres
d’épais sous le sol du niveau le plus loin de l’axe et se réduisant progressivement
de niveau en niveau jusqu’à ProductID="1 mètre" w:st="on">1 mètre d’épaisseur pour le dixième niveau (le plus
central), ce qui donne un volume de plus de 4,8 km3 ou près de 19,5 milliards
de tonnes. Si on ajoute une couche ablative de ProductID="10 mètres" w:st="on">10 mètres de graphite destinée à protéger le vaisseau
contre les impacts de micrométéorites, cela ajoutera près de 3,4 milliards
de tonnes à la masse du vaisseau, laquelle atteindra donc environ 25 milliards
de tonnes sans compter la matière propulsive (c’est-à-dire la matière qu’on
éjecte à grande vitesse pour faire accélérer ou décélérer le vaisseau par
réaction).

Les moteurs
accélérant le vaisseau dans la direction indiquée par son axe, il faudra
limiter cette accélération à une fraction raisonnable de l’accélération due à
la pesanteur artificielle dans le vaisseau : une accélération axiale de 0,01g
déplacerait la verticale de 5,7 degrés au niveau le plus central du vaisseau
mais de seulement 0,57 degrés au niveau le plus loin de l’axe. On prendra donc
0,01g comme limite supérieure pour l’accélération et la décélération du
vaisseau.

Voilà donc définies
les données du problème : un vaisseau de 25 milliards de tonnes (plus matière
propulsive) pouvant accélérer à 0,01g doit pouvoir transporter un écosystème
sur 10 années-lumière en 1 000 à 100 000 ans.

Comment peut-on construire un vaisseau aussi énorme ?

Deux approches
possibles : soit créer un "chantier spatial" basé mutatis mutandis sur
le modèle des grands chantiers navals terrestres, soit "recycler" un
astéroïde "sur place". La première approche a l’avantage de faciliter
la colonisation du système solaire en permettant la fabrication en série de
vaisseaux spatiaux de grande taille. Elle a l’inconvénient qu’il faut soit
amener les matériaux de construction au chantier spatial (par exemple à l’aide
d’une immense catapulte électromagnétique placée sur ProductID="la Lune" w:st="on">la Lune où seraient alors les installations d’extraction
et de production des matières premières), soit amener le chantier spatial
là où se trouvent les matériaux de construction (par exemple près d’un des
satellites de Mars ou d’un des astéroïdes qui orbitent entre Jupiter et Vénus),
ce qui exigerait que le chantier spatial soit lui aussi un vaisseau spatial
motorisé.

La construction d’un
chantier spatial serait aussi un projet de très grande envergure, pas
énormément plus facile que la construction de notre vaisseau interstellaire : la
masse du chantier spatial pourrait être très inférieure à celle du vaisseau, vu
qu’il n’est pas nécessaire de maintenir à son bord un écosystème complet devant
fonctionner durant des millénaires, mais elle serait quand même de plusieurs
millions de tonnes, ce qui exclut à toutes fins pratiques de la construire à
partir de matériaux provenant de w:st="on">la Terre. Un tel chantier spatial ne serait donc lui-même réalisable
qu’à partir de matériaux produits sur ProductID="la Lune" w:st="on">la Lune et mis en orbite par une catapulte électromagnétique.

Il faudrait donc
d’abord établir une colonie permanente sur w:st="on">la Lune et la doter de l’indispensable catapulte électromagnétique.
Pour ce faire, il faudra développer une technique de mise en orbite moins
coûteuse que les fusées actuelles, une technique de gestion en circuit fermé
d’un écosystème artificiel, des techniques d’exploration et d’exploitation
minière utilisables dans le vide qui règne sur ProductID="la Lune" w:st="on">la Lune, des techniques de métallurgie et de fabrication
de verres et de céramiques sous vide, etc. Une fois la colonie lunaire bien
établie et équipée de sa catapulte, on pourra commencer la fabrication du
chantier spatial, sans doute en orbite lunaire. Cette construction exigera
de développer des techniques d’assemblage et de soudage en apesanteur, ainsi
qu’une méthode pour capturer les colis expédiés via la catapulte lunaire.
On peut espérer que la construction du chantier spatial s’achèvera 5 ans après
la mise en service de la catapulte.

Envoyer chaque tonne
de matériel de la surface de la
Lune au chantier spatial exigera environ 2,38 class=SpellE>gigajoules
. Si la masse du chantier est de 20 millions de
tonnes, l’énergie totale nécessaire à sa mise en orbite sera d’à peu près 47,6
millions de gigajoules ou plus de 13,2 millions de class=SpellE>mégawattheures. À titre de comparaison, la production
annuelle d’électricité au Québec (avec le Labrador) atteint environ 220
millions de mégawattheures, ce qui veut dire que 79
jours d’électricité québécoise suffiraient pour catapulter les matériaux
nécessaires pour le chantier spatial. De la même façon, il faudrait 59,5
milliards de mégawattheures pour catapulter en orbite
les 25 milliards de tonnes de matériaux nécessaires à la construction de notre
vaisseau, soit la production totale d’électricité du Québec pendant 270 ans, ce
qui serait bien trop cher.

Même avec notre
chantier spatial, on va donc devoir "recycler" un astéroïde. Quel
genre d’astéroïde ? De préférence ferro-lithique
(composé de roches pierreuses contenant des inclusions de ferro-nickel),
de façon à avoir sous la main la plupart des matériaux nécessaires à la
fabrication de notre vaisseau : il ne nous manquera alors essentiellement que la
totalité de l’eau (un milliard de tonnes !), une partie des 3,4 milliards de
tonnes de carbone (pour la couche ablative de protection contre les
micro-impacts) et l’azote (une centaine de millions de tonnes pour l’air) qu’il
faudra sans doute aller chercher dans le noyau d’une comète à période courte
(par exemple celle de Halley). Pour qu’il convienne à nos besoins, l’astéroïde
devra être de dimensions proches de celles de notre vaisseau, soit une bonne
centaine de kilomètres cubes. On devra alors développer des techniques
d’exploitation minière sous vide en microgravité (la pesanteur étant très
faible sur de tels astéroïdes, la gestion des poussières produites par
l’exploitation sera déjà à elle seule un fort joli casse-tête) et des
techniques de fabrication de céramique et de métallurgie en apesanteur (comment
garder l’acier en fusion dans son creuset en l’absence de pesanteur). Il va
aussi falloir développer des techniques de production d’oxygène : extraction par
électrolyse de roches en fusion.

Pour pouvoir amener
de la comète choisie les matériaux manquants, il faudra que le chantier spatial
(ou plutôt son petit frère) s’en aille rejoindre la comète sur son orbite, y
prélève quelque 4,5 milliards de tonnes de matériau cométaire (essentiellement
de l’eau, du carbone et de l’azote), puis en dépense 16,5 millions de tonnes
pour changer d’orbite (moteurs à ions alimentés par fusion nucléaire, vitesse
d’éjection de 3 000 km/s, différence de vitesse orbitale : 11 km/s) et
ramener sa cargaison au chantier spatial. Ce changement d’orbite consommera à
lui seul 20 625 milliards de mégawattheures,
soit toute la production d’énergie électrique du Québec durant 93 750 ans.
En supposant que le vaisseau chargé de cette "opération
ravitaillement" dispose d’environ 1 875 fois la puissance électrique
du Québec (ce qui est beaucoup), il fera la manoeuvre
en 50 ans.
Durée totale de cette opération ravitaillement : de 60 ans à une centaine
d’années.
Durée totale de la construction du vaisseau : un à deux siècles. Ce serait donc
pour notre société l’équivalent approximatif de la construction d’une
cathédrale au Moyen Âge.

Est-ce qu’un tel vaisseau pourra vraiment fonctionner si longtemps ?

Éclairage : ProductID="la Terre" w:st="on">la Terre reçoit du soleil environ 1 kilowatt de
lumière par mètre carré au sol à l’équateur. L’éclairage interne de notre
vaisseau devra donc fournir entre 700 et 1 000 watts/m2, ce qui pour
687,5 km2 de surface interne totalisera 481 250 à 687 500 mégawatts.
À raison de 12 heures de lumière par jour de 24 heures, il faudra donc 5,775
à 8,25 millions de mégawattheures par jour
pour l’éclairage seulement, ce qui représente 9,6 à 13,7 fois la production
journalière d’électricité au Québec. La seule source d’énergie envisageable à
raisonnablement court terme est la fusion nucléaire ; encore faudra-t-il développer
profondément cette technologie avant de pouvoir envisager la réalisation de
notre vaisseau !

Une très large
partie de cette énergie lumineuse sera absorbée et convertie en chaleur, ce qui
ferait s’élever rapidement la température à l’intérieur du vaisseau si l’on ne
drainait pas la chaleur excédentaire vers l’extérieur du vaisseau à l’aide d’un
système de réfrigération. Celui-ci utilisera un radiateur situé à l’arrière du
vaisseau pour rayonner dans l’espace la chaleur excédentaire - un radiateur de
16 km2 de surface (1 panneau de 4
km par 2 km rayonnant des
deux côtés), atteindra une température de 1 000 à 1 120 degrés Celsius,
le rendant ainsi très visible !

Aux niveaux ayant de
grandes surfaces d’eau (piscicultures et lacs d’eau douce ou d’eau salée),
l’évaporation aura pour effet de former de nuages qui retomberont en pluie lors
du refroidissement nocturne. Chose amusante, cette pluie tombera en spirale à
cause de l’effet Coriolis. L’irrigation des champs et le bon fonctionnement des
cours d’eau exigera sans doute de pomper de grandes quantités d’eau, à moins
qu’on n’utilise intelligemment une partie de la chaleur excédentaire pour faire
circuler l’air chaud chargé de vapeur d’eau des niveaux périphériques du
vaisseau vers les niveaux plus près du centre, ce qui réglerait d’un seul coup
les problèmes de circulation d’air et d’eau (on pourrait en effet utiliser la
gravité artificielle engendrée par la rotation du vaisseau pour ramener vers la
périphérie l’air refroidi et l’eau tombée en pluie).

L’entretien de ce
système d’éclairage et de climatisation va comprendre un remplacement préventif
régulier des pièces mécaniques ou électriques soumises à des efforts ou à la
corrosion, ainsi que la fabrication de nouvelles pièces à partir des matériaux
bruts et des pièces usagées ou endommagées. Les ordinateurs et les logiciels
chargés de contrôler ce système de contrôle environnemental devront aussi être
régulièrement entretenus et réparés, de sorte qu’il faudra maintenir à tout
moment dans le vaisseau des équipes techniques et scientifiques compétentes
dans les domaines de la mécanique, de l’électricité, de la fusion nucléaire, de
l’électronique, de l’éclairage, de la climatisation, de l’environnement et du
logiciel. Il faudra donc à bord une université polytechnique fonctionnant à
plein temps.

Propulsion : pour
atteindre une vitesse de croisière de 30 km/s (ou 0,0001 c : voyage de 10
années-lumière en 100 000 ans), le vaisseau devra éjecter 250 millions de
tonnes de matière propulsive (moteurs à ions alimentés par fusion nucléaire,
vitesse d’éjection de 3 000 km/s), ce qui prendra une semaine à raison de
400 tonnes par seconde (accélération de w:st="on">0,01 g), 10 semaines à raison de 40 tonnes/s (soit 0,001
g) ou presque 2 ans à raison de 4 tonnes/s ( ProductID="0,0001 g" w:st="on">0,0001 g).

L’énergie nécessaire
pour ce faire sera de 312 500 milliards de mégawattheures,
soit 1,4 millions de fois la production annuelle d’électricité au Québec.
Dépenser toute cette énergie en si peu de temps risque fort de rester pour
toujours au delà de nos capacités techniques. Soyons donc plus modestes et
utilisons la moitié du trajet pour accélérer : le vaisseau accélérera durant
100 000 ans pour atteindre une vitesse maximale de 30 km/s, puis ralentira
durant 100 000 ans pour arriver à destination. Pour ce faire, il consommera
3 125 millions de mégawattheures par année
durant tout le trajet, ce qui veut dire que les moteurs utiliseront 14 fois la
puissance totale de toutes les centrales électriques du Québec pour éjecter à
chaque seconde 80 grammes
de matière propulsive à 3 000 km/s. Masse au départ : 25,5 milliards de
tonnes dont 500 millions de tonnes de matière propulsive ; durée révisée du
trajet : 200 000 ans.

Et si on veut aller
plus vite ? À une vitesse maximale de 300 km/s (trajet de 20 000 ans), les
moteurs devront consommer 1 614 fois la puissance totale des centrales
électriques du Québec et la masse propulsive sera d’environ 5,54 milliards de
tonnes (2,91 milliards pour accélérer, 2,63 milliards pour décélérer), éjectée
à raison de 9,22 kilos par seconde.

À une vitesse
maximale de 3 000 km/s (trajet de 2 000 ans), la masse propulsive
nécessaire serait de 160 milliards de tonnes, dont 117 milliards de tonnes pour
accélérer et 43 milliards de tonnes pour décélérer, la puissance des moteurs
dépasserait 649 000 fois la puissance totale des centrales électriques du
Québec, ce qui semble déraisonnablement élevé.

Ici aussi, il faudra
prévoir un entretien préventif régulier des moteurs, des sources d’énergie
(fusion nucléaire), de leurs ordinateurs de contrôle et des logiciels ad hoc.

Ordinateurs et
dispositifs de contrôle : rappelons-nous que les semi-conducteurs utilisés dans
ces appareils n’auront qu’une vie limitée : notre technologie actuelle ne nous
permet pas de fabriquer des circuits intégrés pouvant fonctionner plus de
quelques dizaines d’années, les impuretés essentielles au bon fonctionnement
des semi-conducteurs se diffusent lentement dans tout le réseau cristallin sous
l’effet de la chaleur et du courant, ce qui finit par faire malfonctionner
le circuit intégré. Il faudra donc que l’équipage de notre vaisseau soit
capable de fabriquer les semi-conducteurs de remplacement et d’entretenir la
machinerie servant à cette fabrication.

Écosystème en
circuit fermé : toute l’énergie nécessaire aux espèces vivantes proviendra
(comme sur Terre) uniquement du système d’éclairage. L’écosystème
s’auto-règlera dans toute la mesure du possible, mais il faudra probablement
quand même prévoir des moyens pour stabiliser artificiellement les populations
animales, végétales, fongiques et bactériennes, d’autant plus qu’avec des
durées de vol mesurées en millénaires, il est très probable que certaines des
espèces embarquées au départ évolueront de façon imprévisible pendant le
trajet : il serait donc stupide d’ignorer le danger d’apparition de nouvelles
maladies ou de nouvelles espèces d’insectes ravageurs.

La gestion d’un tel
écosystème à la fois en circuit fermé et en évolution posera des problèmes
d’autant plus difficiles que nous n’avons aucun précédent exact de ce genre de
situation. La situation passée qui s’en rapproche le plus est l’évolution des
espèces animales et végétales sur certaines îles isolées dans l’océan (par
exemple les Galapagos), avant leur invasion par
l’humain et ses commensaux (porcs, chèvres, chiens, chats, rats, ...) - et ces
précédents ne sont pas encourageants ! Ce que nous appelons usuellement
"équilibre biologique" n’a rien d’un équilibre : une espèce plus
récente en élimine une autre plus ancienne, ce qui a un effet parfois
désastreux sur d’autres espèces qui dépendaient de cette dernière, etc. C’est
l’immense diversité de l’écosystème terrestre qui lui permet de survivre à ce
genre de catastrophes, et c’est la raison pour laquelle il sera nécessaire
d’emporter avec nous dans l’espace le plus grand nombre possible d’espèces
diverses.

Ici aussi, le besoin
d’une université formant du personnel très compétent en médecine, en biologie,
en écologie et en écosystématique (l’art de la
gestion des écosystèmes) se fera sentir très clairement.

Société : une des
plus grande difficultés durant ce genre de trajet sera de maintenir
artificiellement stable la civilisation à bord du vaisseau : notre civilisation class=SpellE>techno-scientifique
se découvre peut-être quelques racines
parmi les grands savants de l’époque grecque, il y a quelques 2 000 ans,
ou lors de la fondation des premières universités, au début du second
millénaire, mais elle n’a en fait pris vraiment naissance qu’il y a environ 400
ans, à l’époque de Newton. Aucune civilisation que nous connaissions n’a duré
plus d’un millénaire sans révolution ou transformation radicale ; il est bien
clair que la civilisation à bord de notre vaisseau ne pourra se maintenir qu’en
évoluant constamment. Est-ce qu’une université polytechnique suffira à
maintenir les compétences technologiques et scientifiques des habitants à un
niveau suffisant pour qu’ils assurent le bon fonctionnement d’un habitat aussi
complexe ? La tentation sera grande de "fossiliser" la civilisation à
bord dans le but de la stabiliser, mais sciences et technologies n’ont jamais fleuri
dans des sociétés stagnantes et nous n’avons aucune raison de croire qu’elles
ne s’étioleraient pas dans une société à la fois stagnante et isolée.

Un lien permanent
(radio ou laser) avec la Terre
permettrait au moins de maintenir un échange enrichissant d’idées entre la
civilisation terrienne et la société isolée à bord du vaisseau. À condition
que la civilisation sur Terre se maintienne aussi pour toute la durée du vol,
soit 800 à 8 000 générations...
Ce serait la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une civilisation
dure aussi longtemps. Ce serait aussi extrêmement étonnant, vu les efforts
entrepris depuis quelques temps par les tenants du néolibéralisme pour jeter à
bas la société plus égalitaire que les mouvements socialistes et féministes
tentent de construire depuis une bonne centaine d’années : la recherche d’un
pouvoir personnel à court terme semble encore être un facteur dominant dans
l’évolution de notre civilisation, bien qu’elle lui soit clairement fatale à
long terme.

Quels sont les problèmes dus à un trajet aussi long ?

Le vide
interstellaire n’est pas vraiment vide : à la distance où le soleil se trouve du
centre de notre Galaxie, la densité moyenne des gaz est de l’ordre de 0,024
masses solaires par parsec cube, soit presque 1 atome d’hydrogène par cm3 ou
1,66 microgrammes d’hydrogène par 1 000 km3. La
quantité de poussières solides est environ le centième de cette masse, soit
0,0166 microgrammes par 1 000 km3. Les grains de poussière ont en moyenne
environ 0,1 micromètre de diamètre et une masse de 1 femtogramme,
ce qui correspond à environ 16 600 particules par km3. Notre vaisseau a
environ 12,5 kilomètres
de section et avance à une vitesse moyenne allant de 15 à 150 km/s (vitesse
maximale de 30 à 300 km/s). Il balaye donc en moyenne 675 000 à 6 750 000
km3 à l’heure, soit 1,12 à 11,2 milligrammes d’hydrogène et 11,2 à 112 microgrammes
de poussières à l’heure ou 10 à 100
grammes d’hydrogène et 0,1 à 1
gramme de poussières par an. Au cours de son trajet, il balayera au total
près de 2 tonnes d’hydrogène et 20 kilos de poussières.
L’énergie thermique totale apportée par ces micro-impacts aura une intensité
d’environ 67 milliwatts pour la vitesse de 15 km/s et d’environ 67 watts pour
la vitesse de 150 km/s. Comme cette chaleur sera répartie sur toute la surface
frontale du vaisseau, soit 12,5 km2, l’énergie par mètre carré restera très
faible et le seul effet notable de ces micro-impacts sera d’éroder très
lentement la couche protectrice de graphite et d’émettre un peu de rayons X et d’ultraviolets.

Quelle est la
probabilité d’un plus gros impact, alors, et quels effets auraient un tel
impact ? Dans une année, la Terre
balaye 118,96 millions de milliards de km3 et intercepte 40 000 tonnes
de poussières et débris météoritiques, dont environ 1% en cailloux d’un gramme
et plus. Rien ne nous permet de croire que le pourcentage de cailloux dans
la poussière interstellaire soit notablement différent de celui que nous observons
dans notre système solaire. Notre vaisseau interceptant 20 kilos de poussières
durant son trajet frappera donc probablement environ ProductID="200 grammes" w:st="on">200 grammes de cailloux d’un gramme et plus.
La très grande majorité de ces cailloux seront très petits, mais il se peut
(surtout durant les parties initiales et finales du voyage, alors que le vaisseau
traverse le systeme
solaire de depart ou celui d’arrivee)
qu’il ait a subir quelques impacts de cailloux entre ProductID="100 grammes" w:st="on">100 grammes et 100 kilos. Le tableau suivant
donne une idée de la puissance explosive de ce genre d’impact :

Vitesse
à l’impact

Masse
du caillou (en kilogrammes)

0,1

1

10

100

Puissance
explosive (en tonnes de TNT)

30
km/s

1%

10%

1

10

300
km/s

1

10

100

1 000

3 000
km/s

100

1 000

10 000

100
000

À titre de
comparaison, la bombe nucléaire qui a détruit Hiroshima avait approximativement
une puissance de 20 000 tonnes de TNT. On voit donc que le blindage de
notre vaisseau devra pouvoir résister à un impact équivalent à une explosion de
10 à 1 000 tonnes de TNT (selon sa vitesse). Pas besoin d’hypothétique
champ de force pour ce genre de blindage : un sandwich solide / vide / solide /
vide / solide / etc. fera très bien le travail (un blindage de ce type -
quoiqu’à une seule tranche solide / vide / solide - a été utilisé pour protéger
la sonde Giotto durant sa traversée de la queue de la comète Halley). Le
caillou et une partie de la première couche du blindage sont vaporisés par
l’énergie de l’impact, les vapeurs s’étalent en gerbe dans le vide puis
viennent frapper la couche suivante avec une énergie bien moindre répartie sur
une surface bien plus grande. Une dizaine de couches d’un mètre de carbone
séparées l’une de l’autre par quelques mètres de vide protégeraient
efficacement notre vaisseau. Ce blindage ne serait pas tout à fait aussi
efficace que l’atmosphère qui protège w:st="on">la Terre, mais presque.

L’espace au
voisinage du Soleil (tout comme au voisinage de l’étoile destination) est
nettement plus encombré, tant en poussières qu’en cailloux. En supposant que
cette zone encombrée s’étende jusqu’à la limite de la sphère de
Oort
, c’est-à-dire jusqu’à environ une année-lumière, notre vaisseau y
passera les 44 700 premières années de son voyage de 200 000 ans et
passera les 44 700 dernières années du voyage dans le système solaire où
il arrivera. Ces séjours dans les régions circumstellaires se feront en
circulant à une vitesse moyenne de 6,7 km/s (en supposant négligeable les
vitesses relatives des deux étoiles). Si notre vaisseau est plus rapide et fait
le trajet en 20 000 ans, il ne passera qu’environ 4 470 ans au
voisinage de chacune des étoiles, à une vitesse moyenne de 67 km/s. À ces
vitesses presque 4.5 fois plus faibles que la vitesse maximale atteinte durant
le voyage, tout impact n’aura qu’un vingtième de l’énergie qu’il aurait à
ladite vitesse maximale, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire
attention aux collisions possibles.

À ce propos, peut-on
vraiment détecter un astéroïde ou une comète à temps pour l’éviter ? Notre
vaisseau pouvant survivre à l’impact d’un caillou de 10 tonnes à 30 km/s ou de
100 kilos à 300 km/s (les occupants percevront le choc, qui sera suivi d’un
"tremblement de vaisseau" d’une durée de plusieurs secondes), il
faudrait pouvoir détecter les objets plus gros à une distance suffisante pour
laisser au vaisseau le temps de s’écarter avant l’impact. Avec une accélération
(latérale) de 10 milliardièmes de mètres par seconde par seconde (qui est
l’accélération normale utilisée pour le vol de 200 000 ans), notre
vaisseau s’écartera de 2 km (son
rayon) de sa trajectoire en 23 jours et 18 heures, pour s’écarter de ProductID="20 km" w:st="on">20 km cela prendra un peu plus de 75 jours, pour 200
km 237 jours et demi. Si on augmente l’accélération latérale à 1 millionième
de mètre par seconde par seconde (c’est l’accélération normale pour le vol
de 20 000 ans), le temps nécessaire pour s’écarter de ProductID="2 km" w:st="on">2 km tombe à 57 heures, pour ProductID="20 km" w:st="on">20 km à 7 jours et class=GramE>demi
, pour 200
km à 23 jours et 18 heures. Pour un petit objet de quelques mètres, il suffira
de s’écarter de ProductID="2 km" w:st="on">2 km, soit le rayon de notre vaisseau. Pour éviter
un astéroïde de la taille de Cérès, notre vaisseau devra s’écarter de près
de 500 km (un peu plus que
le rayon de l’astéroïde) pour éviter l’impact et de plus de ProductID="1 250 km" w:st="on">1 250 km pour éviter d’être broyé par
l’effet de marée ; pour une éviter une planète de la taille de Jupiter, ces
distances deviennent respectivement ProductID="75 000 km" w:st="on">75 000 km et ProductID="187 500 km" w:st="on">187 500 km, mais notre vaisseau devra
s’écarter de plus de 2,4 millions de km pour éviter d’être éjecté sur une
orbite parabolique par la masse de la planète.

Écartement
et temps mis pour s’écarter

Vitesse
du vaisseau

10
km/s

30
km/s

100
km/s

300
km/s

Distance
de détection en milliers de km

ProductID="2 km" w:st="on">2 km (23,75 j)

20,5

61,5

205

615

ProductID="20 km" w:st="on">20 km (75 j)

65

195

650

1 950

ProductID="200 km" w:st="on">200 km (237,5 j)

205

615

2 050

6 150

ProductID="2 000 km" w:st="on">2 000 km (750 j)

650

1 950

6 500

19 500

ProductID="2 000 000 km" w:st="on">2 000 000 km (23 750
j)

20 500

61 500

205 000

615 000

 

ou
avec des moteurs plus puissants (1 614 fois le Québec)

ProductID="2 km" w:st="on">2 km (57 heures)

2,05

6,15

20,5

61,5

ProductID="20 km" w:st="on">20 km (7.5 j)

6,5

19,5

65

195

ProductID="200 km" w:st="on">200 km (23,75 j)

20,5

61,5

205

615

ProductID="2 000 km" w:st="on">2 000 km (75 j)

65

195

650

1 950

ProductID="2 000 000 km" w:st="on">2 000 000 km (2 375
j)

2 050

6 150

20 500

61 500

Bref, détecter
durant le vol à 30 km/s un roc de 1
m de diamètre (1 tonne) à une distance de 6 200 à ProductID="62 000 km" w:st="on">62 000 km selon la puissance des moteurs,
c’est équivalent à détecter la tête ronde d’une épingle de couturière (1
mm de diamètre) à une distance de 6,2 à 62 km : il faudra des radars très précis
pour éviter ce genre de petit obstacle. Un radar d’aéroport typique peut détecter
un petit avion à une distance de 50 à ProductID="100 km" w:st="on">100 km ; doubler sa portée exige soit de multiplier
sa puissance par 16, soit de quadrupler la surface de son antenne, soit encore
de quadrupler la fréquence utilisée ; comme il faudra une portée de plus d’une
heure-lumière (1,08 millions de km) pour détecter à temps une planète un peu
plus grosse que Jupiter (comme celles que l’on vient de découvrir en orbite
autour de certaines étoiles proches), on devra utiliser des radars extrêmement
puissants équipés d’énormes antennes. Ces antennes seront soumises à l’érosion
due aux micro-impacts de poussières à moins qu’on ne les installe à l’abri
du blindage, auquel cas il faudra remplacer en tout ou en partie le blindage
de carbone (opaque au radar) par un blindage de céramique (transparent au
radar). Les échos de ces radars parviendront au vaisseau entre une petite
fraction de seconde et plus de deux heures après l’émission du signal, ce
qui va poser un certain nombre de problèmes techniques particulièrement difficiles
pour leur analyse : on utilisera sans doute des ordinateurs énormes exécutant
des logiciels somptueusement complexes.

Comment financer l’envoi d’une telle expédition de colonisation ?

Dans notre société
de consommation, des plans s’étalant sur 3 ans, c’est une planification à long
terme ; des plans s’étalant sur quelques dizaines d’années, c’est du rêve
éveillé, alors que dire de plans s’étalant sur quelques siècles (comme la
construction de notre vaisseau) ou quelques millénaires (comme le vol
lui-même) ? Quel financier voudra investir dans un projet qui ne lui rapportera
pas un sou ? Non seulement il sera mort bien longtemps avant la fin du projet,
mais même ses lointains successeurs n’en tireront aucun bénéfice, puisque la
durée du vol exclut toute possibilité de retour ou d’établissement d’un
commerce interstellaire. D’autant plus que le coût dudit projet donnera tout
son sens au qualificatif "astronomique" : même étalé sur quelques
siècles, ce sera le plus coûteux projet jamais réalisé par des humains. Compter
sur l’altruisme des gens qui resteront dans le système solaire pour qu’ils
offrent à quelque 1 300 familles privilégiées leur ticket vers les
étoiles, c’est garantir que l’expédition n’aura jamais lieu. Alors, il ne reste
plus pour financer ce projet que les familles des futurs membres de l’équipage.

Trouver un équipage
ne sera pas un problème, bon nombre d’humains sont encore des pionniers dans
l’âme et seraient prêts à partir pour une destination que seuls leurs lointains
descendants atteindront. Trouver des familles qui investiront dès maintenant
dans ce projet pour qu’un de leurs descendants soit à bord au moment du départ,
c’est déjà moins facile. De plus que faire des fonds ainsi accumulés, fonds
d’ailleurs fort minimes en regard du coût du projet ? Les faire fructifier pour
accumuler le montant nécessaire ? C’est irréaliste : d’une part le coût total de
construction et d’affrètement de notre vaisseau dépassera allègrement le
produit global brut actuel de notre planète, et d’autre part les dirigeants de
l’organisme financier qui gérerait ces fonds ne tarderaient pas à faire
dérailler définitivement le projet en réorientant cet organisme uniquement vers
l’accumulation de richesses à leur avantage. Reste la solution d’une
coopérative vouée à essaimer l’humanité dans ProductID="la Galaxie" w:st="on">la Galaxie : cette coopérative se consacrera d’abord
à développer les moyens nécessaires à l’établissement d’une colonie lunaire
permanente, ensuite à la réalisation de chantiers spatiaux mobiles, enfin
à l’envoi de vaisseaux-génération vers les étoiles proches. Deviendraient
membres de cette coop spatiale
ceux d’entre nous qui aimeraient participer dès demain à la colonisation de
notre système solaire ou qui souhaiteraient donner à leurs descendants la
possibilité d’explorer et coloniser w:st="on">la Galaxie, bref ceux qui voudraient voir l’humanité réaliser le rêve
science-fictionnel et devenir une civilisation galactique (ou rejoindre la
civilisation galactique existante, s’il y en a une).

La magnitude de ce
projet et son coût nous donnent une solution au paradoxe de Fermi : sommes-nous
seuls dans la Galaxie ou le voyage
spatial est-il réellement impossible ? La réponse est claire : ni l’un ni l’autre.
La vie est certainement largement répandue dans ProductID="la Galaxie" w:st="on">la Galaxie, vu la facilité avec laquelle elle
apparaît sur les planètes dotées d’eau liquide ; l’apparition de l’intelligence
est fort probable là où la vie persiste assez longtemps, vu l’inévitable apparition
d’espèces vivantes de plus en plus complexes ; la raison pour laquelle la
Galaxie n’a pas encore été entièrement colonisée est que les voyages interstellaires
sont si extrêmement longs et coûteux qu’ils ne peuvent être entrepris par
des sociétés dont le moteur est le profit personnel et qu’ils restent peu
attrayants et donc peu fréquents, même pour des sociétés capables de se fixer
des buts collectifs à long terme. Bref, les ET sont chez eux, chacun dans
son propre système solaire ou au mieux dans quelques systèmes solaires forts
proches de celui qui les a vus naître. C’est aussi sans doute ce qui nous
arrivera : en mettant les choses au mieux, notre future exploration de l’espace
a fort peu de chances d’atteindre une distance d’une centaine d’années-lumière
avant qu’homo sapiens sapiens ne disparaisse
définitivement de l’univers d’ici quelques centaines de milliers à quelques
millions d’années.

Y a-t-il moyen de réduire l’ampleur et le coût de notre projet ?

Certains progrès
technologiques permettraient sans doute de réduire la masse de notre vaisseau :
l’utilisation d’aérogels et de vacuogels, ainsi que
de mousses céramiques ou métalliques et de fullerènes à deux et trois
dimensions pour certains éléments de structure et pour une partie du blindage
permettrait sans doute de diminuer d’un sixième la masse de la structure,
tandis que l’utilisation de câbles de carbone (diamant ou fullerènes à une
dimension) plutôt que d’acier pour suspendre les niveaux les uns aux autres
permettrait de réduire cette masse d’un autre sixième. D’autres progrès
scientifiques ou technologiques permettraient de réduire les besoins en énergie
de notre vaisseau : la découverte de matériaux supraconducteurs à la température
ambiante permettrait de réduire considérablement les pertes thermiques des
réacteurs nucléaires fournissant toute l’énergie du vaisseau, des câblages
transportant cette énergie à travers tout le vaisseau et des moteurs à ions. Ce
même genre de matériau supraconducteur permettrait aussi d’alléger
considérablement le système de climatisation et de réduire la quantité
d’énergie nécessaire pour refroidir l’intérieur du vaisseau.

Les progrès de la
physique quantique nous permettront peut-être d’augmenter énormément les
quantités d’énergie disponibles dans notre vaisseau : nous ne sommes
probablement plus très loin de maîtriser la fusion nucléaire, mais il y aura
peut-être moyen de contrôler finement un processus de fusion stimulée (comme
l’ont espéré certains chercheurs qui se sont impliqués dans le fiasco de la
fusion à froid) ce qui pourrait rendre beaucoup moins coûteuse la production
massive d’électricité à bord de notre vaisseau.

C’est toutefois du
côté des sciences de la vie qu’il faut se tourner pour réduire notablement la
taille des problèmes posés par notre projet : une connaissance beaucoup plus
approfondie de la biologie humaine nous permettrait probablement d’allonger
considérablement la durée de vie des membres de l’équipage, ce qui veut dire
qu’il faudrait moins de générations pour arriver à destination et que la civilisation
serait plus stable ; cette connaissance permettrait peut-être aussi de réduire
sans danger la gravité artificielle à bord, ce qui permettrait de réduire la
masse de la structure du vaisseau ; une connaissance plus détaillée des
biologies animale et végétale permettrait sans doute d’augmenter
considérablement le rendement agricole et aquacole, ce qui permettrait une
réduction de la taille et de la masse de notre vaisseau ; ces mêmes
connaissances permettraient aux biotechniciens (qu’on
appelle actuellement agronomes, vétérinaires ou médecins) de maîtriser plus
rapidement toute épidémie qui se déclarerait durant le voyage, chose qui
contribuerait aussi à stabiliser la civilisation à bord.

Des connaissances
très détaillées en écologie et en écosystématique
permettraient d’augmenter considérablement la densité de la population à bord
de notre vaisseau et peut-être de simplifier l’écosystème, ce qui permettrait
de réduire en proportion sa masse, sa taille et ses besoins énergétiques, avec
l’effet bénéfique que l’on devine sur le coût du projet : passer par exemple de
10 à 100 habitants par km2 émergé aurait pour effet de ramener le vaisseau à ProductID="1,6 km" w:st="on">1,6 km de rayon et ProductID="5,1 km" w:st="on">5,1 km de longueur sur 4 niveaux au lieu de 10 (surface
totale : 68,75 km2), réduisant ainsi tant sa masse que l’énergie nécessaire
par un facteur 12,5 ; passer à 1 000 habitants par km2 émergé permettrait
non seulement de réduire encore masse et énergie par un facteur 10, mais aussi
de supprimer la majeure partie du système de climatisation, la surface extérieure
du vaisseau devenant alors légèrement plus grande que sa surface intérieure
(6,875 km2 sur un seul niveau, ProductID="1 000 mètres" w:st="on">1 000 mètres de diamètre pour 2,19
km de long). Avantages supplémentaires : moins le vaisseau est massif, moins
de temps il prend pour s’écarter d’un obstacle situé sur sa trajectoire, donc
moins longue doit être la portée des radars, et moins sa surface extérieure
est grande, moins il a de chances de rencontrer un caillou dangereux pour
lui. Bref, écologie et écosystématique permettront des
réductions drastiques de la taille et du coût du projet.

Des connaissances
beaucoup plus complètes et précises en neurobiologie et en sociologie nous
permettront sans doute de développer des méthodes pour adapter la vie en
société aux besoins fondamentaux de l’animal humain (au lieu de tenter, comme
maintenant, d’adapter l’animal humain à la vie en société), pour créer un
milieu social épanouissant dans un environnement confiné, pour réinventer la
ville sans le stress de la vie urbaine. Il faudra peut-être revoir de fond en
comble les bases mêmes de la société, pour en fonder une autre essentiellement
différente, où le désir de contrôler autrui (par l’argent, l’autorité ou la
coercition : ce que l’on appelle le pouvoir) ne pourra plus interférer avec la fonction
de coordination comme c’est inévitablement le cas maintenant. Le développement
de cette symplegmatique (l’art de la gestion de la
vie en groupe) nous amènera probablement à considérer la soif du pouvoir comme
une malfonction neuro-biologique
qu’il faut soigner au même titre que l’épilepsie. Les symplegmaticiens
à bord de notre vaisseau auront pour fonction d’assurer la survie de la société
organisée, donc de la civilisation techno-scientifique,
en créant et modifiant moeurs, us et coutumes pour
alléger les tensions dues à la vie en société. Leur travail efficace rendra
agréable la vie en groupe dans un vaisseau plus petit, et partant contribuera
aussi à réduire les dimensions du vaisseau et le coût du projet.

Remarquons que le
développement de certaines des sciences de la complexité (écologie, sociologie
et neurobiologie) aura sans doute bien plus d’effet sur l’ampleur de notre
projet que n’en auront les progrès des sciences dures (comme la physique et la
chimie) : d’une façon peut-être pas si paradoxale que cela, le chemin des
étoiles passe par l’étude de l’environnement, de la société et du système
nerveux des humains.

Premiers pas sur le chemin des étoiles.

Voici donc tracé en
trois volets parallèles le programme à court terme de notre coopérative spatiale :

  • Développer les sciences indispensables à la réalisation du projet : écologie, sociologie, neurobiologie, biologie humaine, animale et végétale, physique quantique, physique des matériaux, etc.
  • Développer les techniques nécessaires : écosystématique, symplegmatique, fusion nucléaire, techniques de production sous vide et en microgravité : extraction minière, métallurgie, céramique, assemblage, synthèse de macropolymères, d’aérogels et de vacuogels, etc.
  • Créer dès maintenant les racines de la "société à longue portée" dont nous avons besoin pour réaliser notre projet, société qui devra remplacer le point de vue capitaliste (orienté vers la maximisation immédiate du profit personnel) par le point de vue écosystématique (orienté vers l’optimisation à long terme du rapport coûts/bénéfices tant pour les personnes impliquées que pour la société et l’environnement) avant que le néolibéralisme actuellement à la mode ne nous ramène aux horreurs du début de l’ère industrielle.

Bibliographie.

Sur la navigation spatiale :

style='mso-ansi-language:EN-GB'>The Starflight
Handbook.
lang=EN-GB style='mso-ansi-language:EN-GB'> Eugene class=SpellE>Mallove & Gregory Matloff.
John Wiley & Sons, Inc. w:st="on">New York class=GramE>, 1989. ISBN 0-471-61912-4.
Justement sous-titré "A Pioneer’s Guide to class=SpellE>Interstellar Travel", ce
livre fait de façon fort lisible le point sur la navigation interstellaire
telle qu’on la concevait à la fin des années 80, c’est-à-dire avant que l’on
"découvre" les sciences de la complexité.

style='mso-ansi-language:EN-GB'>Spaceflight - A Smythsonian
Guide.
style='mso-ansi-language:EN-GB'> Valerie Neal, Cathleen S. Lewis, Frank H.
Winter.
Macmillan. New York, 1995. ISBN 0-02-0040-1.
L’histoire du vol spatial jusqu’en 1994, un bouquin plein d’images fascinantes
et qui permet de voir le chemin accompli depuis le premier Spoutnik.

Sur l’espace et ce qu’on y rencontre :

EN-GB'>Astrophysical Data : Planets and Stars. style='mso-bookmark:9'> style='mso-bookmark:9'>Kenneth R.
Lang. Springer-Verlag.
New York, 1991. ISBN 0-387-97109-2.
Un indispensable recueil d’informations sur l’espace et ce qui s’y trouve, cet
ouvrage est une brique de plus de 900 pages dont la lecture est un tantinet
austère.

EN-GB'>Galaxies : structure and evolution. style='mso-bookmark:9'> Roger
J. Tayler. class=GramE>Cambridge
w:st="on">University
Press.
Cambridge class=GramE>, 1993. ISBN 0-521-36710-7.
Tout ce que vous vouliez savoir sur l’évolution des galaxies et que vous
n’osiez pas demander. Un ouvrage fascinant pour le lecteur mathématiquement
averti.

Rogue Asteroids
and Doomsday Comets.
style='mso-bookmark:9'>Duncan
Steel. John Wiley and Sons, Inc.
New York,
1995. ISBN 0-471-30824-2.
Que vous ayez ou non peur de subir le sort des dinosaures, ce livre vous
apprendra tout ce que l’on sait sur cette menace bien réelle pour l’avenir de
notre espèce et de notre écosystème. Comme ce cher Duncan écrit bien et ne
mâche pas ses mots, ce livre est un régal.

style='mso-ansi-language:DE'>Meteorites style='mso-bookmark:9'>. style='mso-bookmark:9'> F. Heide
& F. Wlotzka. Springer-Verlag.
Berlin
Heidelberg, 1995. ISBN 3-540-58105-7.
Publié originalement en allemand en 1934 par le premier auteur et révisé en
1988 par le second, c’est une délicieuse petite plaquette d’initiation aux
cailloux qui tombent du ciel. Facile à lire, ce format poche conviendra aussi
bien au dilettante qu’à l’amateur de météorites averti.

Sur le paradoxe de Fermi :

EN-GB'>Extraterrestrials, Where are They ? style='mso-bookmark:9'> class=GramE>Second edition, edited by Ben Zuckerman & Michael H. Hart.
Cambridge University Press.
Cambridge, 1995. ISBN 0-521-44803-4.
Un recueil de textes touchant à tous les problèmes soulevés par le paradoxe de
Fermi. Le chapitre 16 (The Search for class=SpellE>Extraterrestrial Intelligence, par le célèbre biologiste
nonagénaire Ernst Mayr) confirme la deuxième loi de
Clarke : quand un vieux et célèbre scientifique affirme qu’une chose est
possible, il a usuellement raison ; quand il affirme qu’une chose est
impossible, il a usuellement tort.

EN-GB'>Are We Alone ? lang=EN-GB style='mso-ansi-language:EN-GB'> Paul Davies. class=SpellE>BasicBooks. New York, 1995. ISBN 0-465-00418-0.
L’opinion d’un scientifique qui pense sérieusement que nous pouvons détecter
les signaux radio d’autres êtres intelligents vivant ailleurs dans ProductID="la Galaxie. Un" w:st="on">la Galaxie. Un excellent contrepoint à l’opinion
d’un célèbre biologiste nonagénaire que je me garderai bien de nommer.

Sur les sciences de la complexité :

EN-GB'>Frontiers of Complexity : the search for order in a chaotic world. style='mso-bookmark:9'> Peter
Coveney & Roger Highfield.
Fawcett Columbine. New York, 1995. ISBN
0-449-90832-1.
Ce bouquin de plus de 400 pages vous apprend par l’usage intensif à chausser
les nouvelles lunettes des scientifiques : l’étude de la complexité. Si vous
voulez savoir ce qu’on voit dans ces lunettes, lisez ce livre.

EN-GB'>How the Leopard Changed its Spots. style='mso-bookmark:9'> Brian
Goodwin. Charles Scribner’s Sons.
New York,
1994. ISBN 0-02-544710-6.
Sous-titré "The Evolution of Complexity",
c’est l’ouvrage idéal par lequel aborder les sciences de la complexité. L’auteur
aborde les sujets tabous que le bouquin précédent ignore : l’évolution des
individus, des espèces et de la vie sur Terre, la philosophie, la culture et la
pensée humaine. Si vous voulez comprendre ce que nous montre l’étude de la
complexité, lisez plutôt ce livre-ci.

style='font-size:10.0pt'>Copyright © 1997, ÉcoSystématica
inc.

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