Accueil > Musique > Ouvre donc tes esgourdes, maraud ! V’là le cyberpunk musical (...)

Ouvre donc tes esgourdes, maraud ! V’là le cyberpunk musical !

Une introduction à la rubrique "musique"

lundi 8 août 2005, par Aubin Leroy

Petit test : si je vous dis « cyberculture », vous pensez à quoi ? La littérature, forcément. Bien sûr, le cinéma. Et puis des mélanges des deux, des livres adaptés au cinéma, et des films transposés en livres... Et si je vous disais : musique ?! Eh oui, la musique, parce que dans « cyberculture », il y a « culture », et dans « culture », il y a « musique » bien sûr !

Même s’il est vrai que la littérature ainsi que le cinéma sont les deux arts les plus usités et les plus reconnus dans le domaine de la science fiction, de nombreux artistes se sont intéressés à ce courant ainsi qu’au mouvement cyberpunk dans des styles musicaux aussi divers que variés. Faudrait pas louper un truc pareil, hein ?! C’est pourquoi je vous invite à nous pencher ensemble sur le phénomène... attendez... mais qui es-tu donc, mystérieux narrateur ? vous demandez-vous certainement. Moi, c’est Aubin Leroy (je sais, mais non, mon nom ne vient pas de l’espace...), beau et séduisant jeune homme (hé, hé, hé... hum, bon.), bientôt vingt balais, et grand passionné de sf, de musique, de jeux de rôles et de barbecues... La littérature d’anticipation et la musique étant mes principaux centres d’intérêt, je tenais à faire partager mon goût pour, nommons la ainsi, la science fiction musicale. Tout simplement.

Bon, les présentations sont terminées, lesjeuxsontfaitsriennevaplus, c’est parti pour un petit panorama historique et stylistique desdits groupes cybermusicaux...On en trouve évidemment dès les sixties dans la contre culture américaine, qui rejoint de nombreux thèmes chers à la science fiction : on commence à se demander si la fulgurante avancée technologique qu’on est en train de vivre ne fait pas plus de mal que de bien, Hiroshima et Nagasaki ainsi que la guerre du Viet Nâm en étant les parfaits exemples ; on observe également de près les progrès de la conquête de l’espace, tout cela en compagnie des hippies délirants de The Grateful Dead, par exemple, ou les non moins psychédéliques Jefferson Airplaines, qui furent nommés au prix Hugo en 1971. Dans le même genre, des groupes comme les Doors, les Pink Floyd ou encore Allan Parson Project tirent leurs influences d’Huxley, Orwell ou Asimov. Citons aussi le très grand Jimi Hendrix, ou le non moins fantas(ti)que David Bowie, et j’en passe...

Mais également, les musiques électroniques, avec dès 1975, les Allemands précurseurs de Kraftwerk, de véritables Mac Gyver du synthétiseur, fondus de bidouillage musical sur ordinateur : avec eux, pas besoin de bouquins pour entrer dans un monde cyberpunk, il suffit d’observer notre propre monde... Ils ont été et sont toujours considérés comme un véritable ovni sur la scène électro, naviguant entre différents styles, mais toujours fidèles à eux-mêmes, auto définis comme un groupe de « robot-pop ». Avec un progrès technologique constant, la musique électronique s’est étendue, diversifiée, pour devenir le monstre de popularité qu’elle est aujourd’hui. Quoi de mieux, pour parler des machines, que de proposer une musique directement issue de ces mêmes machines ?

Dans un autre style, la musique métal avec ses déferlantes de guitares ultraviolentes s’intéresse aussi au mouvement dès les années 80, je pense notamment aux Thrashers Canadiens de Voïvod, qui suivent entre autres les pérégrinations d’un guerrier du futur dans un univers ravagé par les guerres nucléaires . Les chevelus titanesques du groupe de heavy metal Iron Maiden, LA référence en la matière se penchent aussi sur le sujet et écrivent beaucoup de textes de sf, influençant au passage bon nombre de jeunes énervés, citons Sepultura et Metallica pour les plus connus.

Puis plus tard, ce qu’on appellera la musique « industrielle », son côté froid et dépressif, sa fusion entre les restes d’un groupe humain avec des instruments au son totalement distordu et la machine, distillant un univers gris en code binaire, représenté par des Prong, Ministry ou Nine Inch Nails...

Vous l’aurez compris, le domaine de la sf et du cyberpunk dans la musique est un sujet vaste, très vaste, et je pourrais en dépeindre ses divers aspects encore longtemps. Mais surtout, c’est un domaine très méconnu. Le but de la rubrique « musique » sera donc de l’explorer pas à pas, en présentant des mouvements, artistes, groupes, articles et que sais-je encore, afin de découvrir cette branche plutôt obscure de la cyberculture riche, originale, et totalement immersive. Bonne navigation à tous !

Messages